Arrêtons les batailles idéologiques et regardons la réalité en face !!!

La réforme du contrat de travail introduite par Dominique DE VILLEPIN avec le Contrat Première Embauche s’attaque enfin à la précarité des jeunes sur le marché du travail. En effet, qui peut contester que les contrats à durée déterminée par lesquels sont embauchés les jeunes sont dans un cas sur deux d’un durée d’un mois, ce qui n’est pas particulièrement stable ? Qui peut nier que la France obtient de moins bons résultats que ses voisins dans ce domaine ? Voici enfin un gouvernement qui a le courage de présenter un contrat antiprécarité et prône un discours de vérité ambitieux contre l’archaïsme de l’opposition. Est en train de se mettre en place une véritable campagne de désinformation à propos du CPE menée par des organisations démagogiques qui ne proposent rien pour accroître la légitimité des jeunes de moins de 26 ans sur le marché du travail à part un retour aux emplois jeunes, qui sont la pire imposture de ces 20 dernières années. Le PS faute d’avoir opéré une synthèse réussie de ses multiples courants tente de mobiliser les syndicats et les étudiants en les manipulant et en énonçant des contrevérités flagrantes à propos du CPE.

Or les étudiants ont raison quand ils pensent à 85% selon un sondage CSA-l’Humanité que le CPE permettra aux jeunes d’avoir une première expérience professionnelle et à 59% qu’il va réduire le chômage des jeunes. D’ailleurs le journal l’Humanité, caractérisé par une grande ouverture d’esprit, a décidé de ne pas publier ce sondage qui va manifestement à contre-courant de la campagne démagogique actuelle menée par l’ensemble de la gauche.

Le CPE est une chance pour l’emploi car il est avant tout un contrat à durée indéterminée avec une période de consolidation maximale de 2 ans. Il n’est pas un contrat au rabais car il va permettre aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés de sortir de la spirale qui veut que 70% des embauches se fassent en CDD. Il n’est plus normal qu’un jeune mette de 8 à 11 ans pour trouver un emploi stable. Le gouvernement veut lutter contre ce que certains considèrent comme une fatalité.

Les mesures du 1er ministre sont claires et sans manipulations. Ainsi, le CPE apporte les mêmes garanties qu’un CDI classique. Le droit individuel à la formation est ouvert dès le 1er mois alors que dans les autres contrats ce n’est qu’après un an que l’on en dispose. Le jeune dispose en cas de rupture de contrat, après seulement 4 mois de travail, d’une allocation forfaitaire de 460€ en plus de l’indemnité de rupture qui est calculée sur la base de 8% de l’ensemble des sommes versées depuis le début du contrat. Ceci est une vraie avancée sociale. De plus, le CPE va permettre un accès facilité au logement -car il donne droit automatiquement au dispositif Locapass permettant de faciliter le paiement des cautions-, l’accès au crédit –car la Fédération Bancaire de France considère le CPE et le CNE comme ayant la même valeur qu’un CDI traditionnel.

En outre, il est faux de dire que le CPE met à mal le droit du travail car il existe un préavis de 2 semaines ou de 1 mois selon la durée du contrat et les stages, les CDD et les périodes en alternance sont décomptés de la période de consolidation. On ne peut pas non plus dire qu’une entreprise peut licencier sans motif car à l’instar du Contrat Nouvelle Embauche, l'employeur devra justifier la motivation de la rupture car déjà pour le CNE il suffit aux salariés d'introduire une procédure "POUR ABUS DE DROIT" dans l'année qui suivra cette éviction auprès d'un Conseil des prud'hommes pour contraindre l'employeur à SE JUSTIFIER DEVANT LES JUGES puisque comme l'indique le Conseil d'Etat : "L'ordonnance instituant le CNE n'a pas exclu que le licenciement puisse être contesté devant un juge, afin que celui-ci puisse vérifier que la rupture n'a pas un caractère abusif et n'est pas intervenue en méconnaissance des dispositions relatives à la procédure disciplinaire et de celles prohibant les mesures discriminatoires." D’autre part, la mise en place d’indemnités obligatoires pour les stages de plus de 3 mois et leur reconnaissance comme un élément à part entière du cursus universitaire permet de limiter les abus et surtout de renforcer les liens de confiance entre les étudiants et les entreprises ce qui améliore le potentiel d’embauche par la suite.

Le CPE n’a rien à voir avec le Contrat d’Insertion Professionnelle de 1994 proposé par le gouvernement BALLADUR, il n’est pas un SMIC jeune et la volonté de retour aux emplois jeunes n’est pas envisageable. Comme le montre l’analyse comparative emplois jeunes / CPE du Club de la Boussole rassemblant 37 députés UMP, seul le CPE constitue une réelle avancée pour une insertion professionnelle réussie. Ainsi, le CPE à la différence des EJ s’appuie sur l’emploi en entreprises et non pas sur des contrats aidés en dehors de celles-ci. Le CPE convertit les stages et CDD en acquis professionnels fondamentaux pour l’insertion et ne se contente pas de créer un CDD de 5 ans qui en plus précarise la fonction publique. Les emplois jeunes ne donnaient que des avantages aux employeurs et aucun dispositif de formation, d’indemnisation chômage ou de pérennisation des emplois n’était prévu. On peut se demander quelle partie aime le plus donner des garanties aux employeurs et ignorer le malaise de l’emploi des jeunes !

De plus, arrêtons de prêter à M. DE VILLEPIN des intentions qu’il n’a pas au sujet du passage en force du CPE au Parlement. A ce propos je tiens à rappeler que la gauche n’a pas besoin de donner de leçon de courage politique quand on sait que les étudiants étaient en vacances au moment de l’adoption de la loi de 1997 portant création des emplois jeunes. Il est impératif de se dégager d’une amnésie chronique et d'une opposition absolue et stérile à toutes les propositions du gouvernement en matière d’emploi. Le gouvernement n’a pas reçu de propositions alternatives pour sortir les jeunes de la précarité. Preuve en est, quand on demande au président du groupe PS à l’Assemblée Nationale quelle est son alternative pour lutter contre le chômage des jeunes, il répond « Le CPE ne règlera pas le problème ». On peut alors s’interroger sur la capacité du PS à construire un programme clair et innovant pour les présidentielles de 2007 !

Isabelle VILLEROUX