Crise des banlieues : Place au pragmatisme
Par Association UMP Sciences Po, mercredi 30 novembre 2005 à 12:06 :: Réflexions, opinions, débats :: #95 :: rss
La crise des banlieues qui a touché notre pays impose une reponse rapide et efficace: pas de beau disocurs, mais du pragmatisme, voilà ce dont les banieues ont besoin.
L’explosion des banlieues le mois dernier a révélé un malaise qui couvait depuis fort longtemps dans la société française. Chômage, délinquance, ghettoïsation ethnique, pauvreté et discrimination sont des maux bien établis par tous. Depuis vingt cinq ans, les pouvoirs politiques de gauche comme de droite ont tenté d’y remédier (création des ZEP pour l’éducation, des zones franches pour attirer les entreprises dans les quartiers en difficulté etc...). Sans succès notoire.
La principale raison, c’est que la « politiquement-correctisation » des esprits nous a empêchés de voir la réalité en face et d’agir en conséquence de causes. Le problème, c’est que cela continue !! Il y a encore quelques jours, certains journaux de la PQR parlaient « d’incivilités » concernant les émeutes urbaines. Non, lorsqu’on brûle les écoles, incendie les autobus, agresse les pompiers, massacre un père de famille, considère que la police est une bande rivale qu’il faut affronter, on est un délinquant. Ceux qui s’adonnent à ce genre de délits sont des voyous. Ils sont du reste très minoritaires dans nos banlieues. Ainsi, la police parisienne, par exemple, chiffre à un millier le nombre d’émeutiers dignes de ce nom pour toute l’Ile de France. Le nombre total des vrais activistes des violences urbaines – le noyau dur – ne doit pas dépasser les 3000. Soit infiniment moins que le nombre de jeunes vivants dans les cités.
Selon le directeur de la police nationale M. Gaudin, 80 % des émeutiers interpellés étaient connus des services de police. Ces activistes pourrissent la vie des quartiers difficiles et les empêchent de se développer et même de vivre. La principale mission de l’Etat dans ces quartiers est de les empêcher de nuire. C’est ce que demande la majorité (plus silencieuse il est vrai) de nos concitoyens de ces quartiers.
Pourtant, la réponse policière ne saurait suffire d’autant plus que beaucoup de ces jeunes se rendent compte à un âge plus mur qu’ils ont faits fausse route. Malheureusement, il est souvent trop tard. Comment trouver du boulot quand on habite à la Courneuve avec un casier judiciaire ? Et c’est la que l’Etat doit faire preuve de pragmatisme et notamment injecter de l’argent dans les cités. Le plan Borloo qui prévoit la création de 500 000 logements sociaux en cinq ans va dans ce sens. Une réforme du code du travail dans un sens plus flexible permettrait en outre de réduire le chômage et d’offrir un nouvel espoir aux travailleurs des cités. La maitrise de l’immigration (la gauche ne veut pas entendre parler de quotas. Encore le politiquement correct !!!) donnerait un nouveau souffle à notre système d’intégration aujourd’hui en surcharge. La discrimination positive permettrait aussi à nombre d’enfants de notre République de ne plus se sentir étranger au sein de leur propre pays. La lutte contre les discriminations tout court doit aussi prendre un nouvel essor face aux inégalités criantes de notre société.
Le gouvernement s’y est engagé avec la création de l’Agence de la cohésion sociale et de l’égalité des chances qui servira d’intermédiaire entre les maires, les préfets et les habitants des cités. Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires de bourses au mérite s’élèvera de 30 000 à 100 000.
Autant de mesures pragmatiques et de terrain qui contrastent avec les discours béats et dénués de sens (du genre : doit-on appeler les voyous « racailles » ??) d’une gauche hors du coup.
G.N.L
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