Les éléphants se trompent énormément
Par Association UMP Sciences Po, lundi 28 novembre 2005 à 09:36 :: Réflexions, opinions, débats :: #94 :: rss

Tout ça pour ça! Au Mans, les camarades Socialistes se sont livrés à une drôle de dialectique: thèse-anthithèse-foutaise... Après plusieurs mois de déchirures sur l'Europe, de petites phrases assassines, d'arrières pensées pour 2007, le seul et unique mot d'ordre fut l'unité pour gagner en 2007: du passé faisons table rose.
Ce fut incontestablement le congrès du rassemblement des socialistes, pour faire face au gouvernement et à l'UMP. Toutefois, ce congrès semble n'avoir rien réglé des problèmes de fond du Parti Socialiste. L'impasse a été faite sur la réflexion sur son idéologie. Socialisme ou social-démocratie? Capitalisme ou non? Quelle solution pour régler le problème du chômage? Quelle Europe pour l'avenir? Comment assainir les finances publiques? Quelles pistes pour régler le problème des banlieues? etc. On n'y trouva aucun bilan critique sur les 15 années de gouvernements socialistes, notamment les années JOSPIN, depuis 24 ans. Ce sont ici des vraies questions, jetées aux oubliettes de la gauche. Le comble de l'ironie, c'est que le slogan de ce congrès est: "un projet socialiste pour la France". Belle antiphrase!
Pour faire la synthèse, il a fallu à François HOLLANDE et ses acolytes faire un improbable grand écart idéologique. C'est donc un rassemblement en trompe-l’œil, car la synthèse est restée assez flou afin de satisfaire tout le monde (mise à part Arnaud MONTEBOURG). Or, il y a un fossé énorme et rédhibitoire entre la tendance gauchiste du PS et le courant plutôt centriste, un gouffre qui fera fissurer cette unité de façade lorsqu'il s'agira de clarifier l'identité du PS. L'unité du PS s'est faite au détriment du programme, des idées et de la définition de l'identité du PS aujourd'hui. C'est une erreur. Tous les autres partis socialistes européens ont déjà réalisé leur aggiornamento idéologique, en adoptant la social-démocratie. Encore une fois, l'exception est française, le Congrès du Mans est une occasion manquée pour les éléphants socialistes de se poser les vraies questions et de résoudre leurs problèmes internes.
Cette synthèse est donc en fin de compte plutôt creuse, mise à part quelques belles intentions, beaucoup d'abrogations des lois élaborées par la droite, mais très peu de mesures concrètes et crédibles. Le projet des socialistes est simple: travailler moins (généralisation des 35 heures avec l'abrogation des lois d'assouplissement des 35 heures), moins longtemps (abrogation des lois FILLON portant sur les retraites), plus de service public étatique (EDF 100% publique), le SMIC à 1500e... Le message est clair: à gauche toute! Tous les éléphants ont tous tenté de répéter de manière subliminale: "plus à gauche que moi tu meurs". Il ne fallait surtout pas que le PS se fasse déborder sur sa gauche. Au Buffet, langue de B(l)ois.
Le retour au pouvoir risque d'être terriblement cruel pour les socialistes: toutes personnes sérieuses admettront qu'un tel programme, pauvre et démagogique, d'opposition systématique et pas très constructive, sera de nature à plonger la France dans une grave crise économique et sociale; les mêmes causes entraînant les mêmes effets, les socialistes se retrouveront devant le même dilemme douloureux qu'en 1983, forcés de choisir entre des promesses catastrophiques et le pragmatisme et l'efficacité. Ce revirement, qui sera nécessairement inévitable, fera douter les Français de la crédibilité des politiques: vote sanction, montée des extrêmes, croyance en l'impuissance publique, montée de l'hostilité des politiques, les conséquences sont perverses pour la démocratie.
Ne nous réjouissons pas de la situation du plus archaïque des partis socialistes d'Europe: le retour du PS au pouvoir (qui arrivera bien à un moment ou un autre avec le jeu de l'alternance) nous coûtera cher. Ne pavoisons pas non plus. Le bilan des réalisations de la droite par rapport à ses belles promesses de 2002, soyons honnête, est contrasté: si les actions de Nicolas SARKOZY pour lutter contre l'insécurité semblent satisfaire les Français et si de nombreuses avancées ont été réalisées sur de nombreux sujets, on ne peut pas oublier que la réforme des retraites n'est pas complètement financée, que notre budget est déficitaire et que notre dette publique s'accumule, que le chômage reste élevé, que l'éducation nationale n'a pas pu être réformée, la baisse de l'impôt sur le revenu inachevée, la réforme des universités jetée aux orties, le service minimum abandonné... On est vraiment loin du compte, le gouvernement depuis 2002 a souvent reculé, les espoirs de 2002 auprès de notre électorat ont souvent été déçus.
Michel ROCARD louait il y a déjà quelques années le "parler vrai". A droite comme à gauche, il serait temps qu'on s'y mette. Nicolas SARKOZY semble l'un des seuls à avoir tiré cette leçon, lui qui n'a pas peur "d'appeler un chat un chat", lui qui s'applique à mettre en œuvre ses promesses. Voilà pourquoi il est l'un des seuls qui bénéficient de la confiance d'une majorité de Français.
Guillaume
Commentaires
Le lundi 28 novembre 2005 à 21:18, par zeudia :: #
Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:51, par Guillaume :: #
Le mercredi 30 novembre 2005 à 20:37, par Cladius :: #
Le mercredi 7 décembre 2005 à 20:02, par NON :: #
Le lundi 20 février 2006 à 11:44, par PIERRE :: #
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