La stratégie SARKOZY
Par Association UMP Sciences Po, mercredi 9 novembre 2005 à 13:51 :: Réflexions, opinions, débats :: #80 :: rss
Les malheureux événements de violence urbaine actuels mettent une nouvelle fois Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène. Les critiques professionnels en ont profité pour reprendre eux aussi du service. Certains vont jusqu’à accuser le ministre de l’Intérieur d’être LA cause des débordements présents. C’est proprement absurde. La stratégie arrêtée par le ministre d’Etat est justement de mettre les vandales face à leurs responsabilités et de ne plus tolérer l’intolérable. Les médias insistent lourdement sur la sémantique du ministre sans s’apercevoir que, pour la première fois depuis trop longtemps, une personnalité politique occupant des fonctions ministérielles ose appeler un chat un chat.
Dans Le Monde des 6 et 7 novembre 2005, Nicolas Sarkozy écrit : « les forces de l’ordre sont d’abord faites pour arrêter les délinquants : c’est peut-être ça le vrai changement et l’origine des affrontements présents. » On ne voit en effet pas en quoi la racaille aurait de quoi faire l’objet des soins des pleureurs habituels. De là à voir dans ces propos une stigmatisation de l’ensemble des immigrés de la deuxième génération, il y a un pas que la raison ne saurait franchir. « Je ne fais aucun amalgame entre les voyous et l’immense majorité des jeunes des banlieues qui ne songent qu’à réussir leur vie » est obligé de préciser le ministre face à la mauvaise foi généralisée qui fait du ministre de l’Intérieur un supporter aveugle de la seule police d’investigation. Il convient dès lors de laisser au gouvernement le temps de réagir et de repenser en profondeur la politique d’intégration avec la remise en cause, déjà entamée d’ailleurs, des trop célèbres cités ghettos.
Le traitement de l’information dans cette affaire est symptomatique du succès même de l’action de Nicolas Sarkozy. La jalousie pousse désormais de nombreux acteurs de la société à voir toute initiative du ministre comme le fondement des désastres d’une politique qu’ils ont pourtant largement contribuée à forger, au moins par leur inaction. Le problème pour eux, c’est qu’aujourd’hui Sarkozy écoute, Sarkozy propose, Sarkozy agit. Fini le temps des gérémiades ou des bons sentiments, Nicolas Sarkozy s’est bâti une telle indépendance qu’il peut se permettre d’être courageux.
Comment, par exemple, nommer autrement le fait pour un chef de parti de rentrer dans un gouvernement alors que ses ambitions présidentielles l’y dissuaderaient ? L’individu y trouve certes d’autres avantages mais les événements actuels montrent que ce n’est pas la plus confortable des solutions qu’il a retenue. Comment appeler autrement la réforme qu’il appelle de ses voeux en matière d’impôt sur la fortune ? Déjà du temps où il était à la tête de Bercy, Nicolas Sarkozy avait procédé au difficile assouplissement des règles fiscales qui permettent aujourd’hui la refonte de l’ISF, impôt pourtant perçu comme juste –mais de manière erronée– par une large frange des Français.
Mais c’est aussi par sa force de proposition que le ministre d’Etat se distingue. En bon stratège, c’est sur le terrain de la gauche qu’il chasse majoritairement en la matière. De là les propositions connues qu’il faites à propos de la fameuse discrimination positive et du droit de vote des étrangers aux élections locales. Ces solutions ne sont certainement pas la panacée et on peut espérer que Nicolas Sarkozy n’y voit pas davantage que des rustines destinées à colmater provisoirement les brèches d’un monument social français en train de s’écrouler.
En tout cas, une alternative à notre vieux modèle social est proposée et paraît crédible. Une rupture est proposée et théorisée bien que ses contours en soient pour l’instant encore assez flous. La réhabilitation de l’action politique –prétendument coincée entre les impératifs économiques, la mondialisation, la construction européenne et la décentralisation– trouve ici tout son sens. Le personnage agace peut-être, gesticule beaucoup sans doute mais tout cela n’est pas vain puisqu’il a démontré sur le terrain que les résultats étaient possibles. Résultat dans la politique d’immigration (fermeture du centre de Sangatte), résultat dans la justice (réforme de la double peine), résultat dans la politique économique (réforme de l’ISF).
Grégoire
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Le mercredi 9 novembre 2005 à 14:04, par rich :: email :: site :: #
Le mercredi 9 novembre 2005 à 14:06, par rich :: email :: site :: #
Le jeudi 10 novembre 2005 à 15:28, par antisarko :: #
Le jeudi 10 novembre 2005 à 17:11, par roulianito :: email :: #
Le jeudi 10 novembre 2005 à 19:22, par Claudius :: #
Le vendredi 11 novembre 2005 à 11:36, par roulianito :: email :: #
Le lundi 14 novembre 2005 à 17:00, par Grégoire :: email :: #
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