Comment peut-on être ministre?, Luc FERRY
Par Association UMP Sciences Po, jeudi 3 novembre 2005 à 16:46 :: Lecture :: #75 :: rss
Ministre de l'éducation nationale et philosophe, Luc FERRY témoigne dans cette ouvrage son expérience et réfléchit sur ce que sont les vrais pouvoirs d'un ministre.
Luc FERRY fut le ministre de l'éducation nationale pendant deux ans témoignent de son expérience. En tant que philosophe, il en profite pour faire ici une analyse sur la gouvernabilité des démocraties.
Luc FERRY est arrivé rue de Grenelle avec beaucoup d'idée et beaucoup d'ambitions. Il en ressort deçu, car il n'a pas pu mener à bien tous les dossiers sur lesquels vouliant faire avancer les choses. Que retiendra-t'on de Luc FERRY comme ministre? Sans doute pas grand chose au final.
Luc FERRY décrit les obstacles auxquels il a été confronté: les manifestations, l'impopularité, les campagnes de presse calomnieuses (certaines ont essayé de le faire passer pour un aristrocrate alors que son père était garagiste), l''effet boomrang de certaines réformes dont il n'était pas l'instigateur (la décentralisation, les retraites), les attaques iniques de Jack LANG et de François BAYROU complètement démagogique alors qu'ils étaient souvent d'accord sur le fond, les attaques de son propre camps, les stratégies politiciennes qui font capoter certaines réformes. Luc FERRY reconnaît combien il est difficile de n'avoir jamais été élu, de n'avoir pas de réseau et de soutien politique, notamment parlementaire. Qui plus est, ce livre décrit comment la communication est devenue incontournable.
De ce livre, on en ressort avec un goût de gachis, car Luc FERRY, président du Conseil National des Programmes pendant 8 ans, était un ministre arrivé avec des idées: lutte contre l'illétrisme, revalorisation de la voie profesionnelle, restauration de l'autorité, refondation d ela pédagie du travail. Il faut également souligner que Luc FERRY a également mené à bien la loi sur la laïcité et les signes religieux à l'école afin de mettre un cran d'arrêt aux dérives communautaires. Enfin, il avait le projet d'autonomie des universités, qu'une immense majorité des spécialistes approuve, mais qui a été enterrée tactiquement pour ne pas avoir des manifesttaions étudiantes pendants les régionales. Au final, on perd sur les deux tableaux: on ne fait pas avancer le dossier et on perd les élections.
Le courage en politique devient un des thèmes majeurs, l'un des plus interessant, de ce livre: les gouvernements n'ose pas aller au bout de leur programme, recule souvent et à grand frais. Les Français d'ailleurs en ont assez de cette image d'impuissance publique. Les vrais pouvoirs d'un ministre ne sont pour FERRY pas aussi large que l'on pourrait le penser.
Je ne compte pas ici résumer le livre de Luc FERRY. Se situant à mi-chemin entre le livre de témoignage et l'analyse philosophique, cet ouvrage est particulièrement intéressant et nous éclaire, vu de l'intérieur, sur la difficulté de gouverner.
Guillaume