Face aux intempéries qui le secouent, le parti socialiste se doit de faire face afin d’éviter de couler. La seule solution : un coup de barre à gauche et un changement de cap. L’Ile au Trésor pour les socialistes ce sont les travailleurs qui ne cessent de se plaindre de la baisse de leur pouvoir d’achat. Cette défense du pouvoir d’achat qui était de nouveau au cœur des vagues de manifestations du 4 octobre. Oui, quel bon choix que celui de s’accrocher à un sujet au cœur des préoccupations de son électorat. Cependant, là se situe l’erreur, car oui le PS peut être dans l’erreur. En effet, un petit cours d’économie nous révèle que la croissance française ne fait pas face à un choc de demande mais bien à un choc d’offre en témoigne les chiffres de la consommation française (+4,2% de septembre 2004 à septembre 2005 selon l’Insee). De plus, ces manifs ont permis un rapprochement avec les autres tendances de gauche, symbole encore de ce virage à bâbord, qui s’est concrétisé par une déclaration commune du PS, du PCF et de la LCR.

Mais en faisant cela le PS ne rejoue-t-il pas Faust, en vendant son âme au diable ? La LCR serait-elle le diable ? Mais que diraient ces gens bien attentionnés si l’UMP signait des déclarations communes avec le MPF ou le FN. Souvenons-nous des réactions de l’opinion publique, lorsque suite aux élections régionales de 1999, des présidents de droite se sont fait élire grâce aux voix du parti frontiste. Mais bon comme d’habitude, on nous expliquera qu’extrême droite et extrême gauche ce n’est pas la même chose. L’un est un parti fasciste, réminiscence du totalitarisme nazi, tandis que l’autre n’est que la partie la plus radicale d’une gauche progressiste.

Aujourd’hui, au PS ce n’est ni le radeau de la méduse ce bateau, ni les copains d’abord. C’est avant tout chacun pour soi, dans une transat en solitaire à la présidentielle et c’est à celui qui proposera la meilleure enchère jusqu'à proposer des non-sens économiques, n’est-ce pas monsieur Fabius. Au moins, un ancien titulaire de Bercy n’a pas peur du ridicule en proposant un SMIC à 1500 euros, parmi les grands axes de la motion qu’il défendra au cours du Congrès du Mans, alors même que la plupart des thèses économiques de droite comme de gauche montre à quel point cela serait néfaste pour l’économie. Ce même Laurent Fabius qui n’a pas peur d’affirmer que même si sa motion n’est pas majoritaire à l’issu du Congrès, il sera, malgré tout, prêt à assumer la candidature socialiste à la présidentielle.

Face à Laurent Fabius qui joue les clowns, il ne reste au premier secrétaire, qui doit essayer de sauver la face après la déconvenue qu’il a subi le 29 mai avec un désaveu de l’électorat de gauche, qu’à jouer les monsieur-loyals, tandis que le numéro de funambule revient à Mélenchon, qui est sur une corde raide entre son parti et ses amis du non à la constitution. Vivement le 18 novembre que l’on puisse enfin pouvoir assister au grand show. Mais un grand cirque, sur un bateau à la dérive, ne risque-t-il pas de mener à une fin à la Titanic ?

Christophe