Le président du groupe UMP au Conseil régional, Dominique Ducassou, n'y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer la politique d'Alain Rousset. A l'occasion d'une conférence de presse tenue lundi à Bordeaux, il a indiqué que les recettes du budget primitif 2005 n'étaient pas sincères, car délibérément sous-évaluées. Aussi bien les recettes fiscales que certaines subventions de l'Etat, pourtant parfaitement prévisibles, n'avaient pas été prises en compte, pour au moins 15 millons d'euros (4 pour la fiscalité, 11 pour les subventions).

Cela représente selon lui 8 points de fiscalité, soit plus de la moitié des 15 % de hausse votés en janvier dernier. Pour Dominique Ducassou, il s'agissait surtout de participer à un « coup politique » mené par les présidents de Conseil régional socialistes : « Une campagne nationale antigouvernementale » pour critiquer la politique de décentralisation du gouvernement. Le président du groupe UMP se demande d'autre part à quoi servent les crédits ainsi récoltés, en faisant remarquer que l'Aquitaine est au-dessous de la moyenne des régions françaises (16e rang) pour les sommes consacrées par habitant à la formation professionnelle et à l'apprentissage, et pour l'enseignement (17e rang; 4e pour l'enseignement privé).

Logement étudiant. Concernant le logement étudiant, Dominique Ducassou a rappelé que le retard de l'Aquitaine ne vient pas de la mauvaise volonté de l'Etat, mais du refus définitif opposé par Alain Rousset à la proposition qu'avait faite Claude Allègre, en 2000, d'intégrer le logement étudiant dans le contrat de plan. Son opinion ayant changé en 2004 après la campagne électorale, il est difficile aujourd'hui, explique Dominique Ducassou, de rattraper le temps perdu : « Nous aurons 397 mises en chantier en 2005, contre 1 000 à 1 500 prévues ! »

A propos du TGV et des débats publics qui ont été lancés en commençant par la branche Bordeaux-Toulouse avant celle de Bordeaux-Vitoria, Dominique Ducassou a insisté pour que le président du Conseil régional affirme bien la priorité de la seconde pour l'Aquitaine, au nom de son insertion dans les réseaux européens et du désengorgement des transports de marchandises vers la péninsule Ibérique.