Après la Pologne, il y a quinze jours, Nicolas Sarkozy se déplace aujourd'hui à Londres. La visite, prévue depuis le mois de juin, intervient opportunément trois jours après le déplacement de Tony Blair à Paris.

Le premier ministre anglais, qui préside l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, n'avait rencontré que Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Séance de rattrapage, donc, aujourd'hui, pour le présidentiable de l'UMP, dont la stature internationale pâtit de la comparaison avec Villepin. Nicolas Sarkozy n'a pas vu son ami «Tony» depuis un an. Ministre des Finances, il défendait à l'époque un «volontarisme économique» assez proche du «patriotisme économique» dont se réclame aujourd'hui Dominique de Villepin, pour sauver les salariés d'Alstom.

Cette fois-ci, il évoquera peut-être les convergences de vues qu'il entretient avec Tony Blair sur la nécessaire réforme du modèle social européen. «Depuis leur première rencontre, fin novembre 2002, pour régler le dossier du centre de Sangatte, il y a entre eux une relation de confiance», assure l'entourage du ministre de l'Intérieur. Il rencontrera d'ailleurs, à titre amical, son ancien homologue, David Blunkett, avec qui il avait négocié l'accord de Sangatte. Et il compte aussi s'entretenir avec le chancelier de l'Echiquier Gordon Brown, rival de Tony Blair et postulant à sa succession, que Nicolas Sarkozy a connu alors qu'il était ministre des Finances.

Mais le but officiel de ce déplacement est d'abord de faire le point avec le ministre de l'Intérieur britannique, Charles Clarke, sur les dossiers de la coopération «transmanche» en matière de lutte contre le terrorisme, de trafic de stupéfiants ou d'immigration clandestine. Et d'«échanger des informations de première main sur l'état de la menace terroriste». Ce sera aussi l'occasion de dissiper le malentendu né au lendemain des attentats de Londres de juillet, lorsque Nicolas Sarkozy avait laissé entendre que les services secrets anglais avaient interpellé puis relâché les futurs auteurs des attentats de Londres.