Un déficit estimé à 2,9%, une croissance comprise entre 2 et 2,5%. Le budget 2006 n'a pas grand relief si ce n'est cette foi quasi inébranlable en une croissance que les experts estiment plutôt autour de 1,8% pour 2006. La preuve en est le propos de Thierry BRETON lui-même qui affirme y croire avec beaucoup de conviction.

On attendait de ce budget nouvelle formule de nouvelles ambitions pour une réforme de l'Etat qui traîne à se développer, mais les attentes sont loin d'être satisfaites. Le budget est encore une fois voté en déficit...ce qui est le cas depuis plus de 20 ans... ce qui ne va pas réduire la dette. Ledit déficit est justifié par le locataire de Bercy pour plusieurs raisons. BERCY montre du doigt l'UE et les collectivités territoriales qui vont ponctionner le budget de l'Etat de 3 milliards d'euros de plus. Thierry BRETON évoque aussi le cas de la Cades qyu suspend ses versements au budget pour 2006, et le prive ainsi de 3 milliards d'euros. Le ministre laisse entendre que seuls l'Etat et la sécurité sociale (dans une moinde mesure) font des efforts conséquents pour réduire les déficits. On avait cru comprendre qu'on assisterait à une forte réduction des effectifs de la fonction publique. Certes ce seront 5 318 équivalents temps plein qui seront supprimés, soit 2000 de moins que l'an passé, mais on est loin, très loin, des 15 000 à 20 000 suppressions évoquées par Jean-Pierre RAFFARIN lors de son passage à Matignon.

Mis à part les ministères relevant des fonctions régaliennes de l'Etat, tous les autres ministères verront leurs effectifs diminuer, même l'Education Nationale, et ce malgré le recrutement de 3 000 chercheurs et la hausse de 1 000 du nombre d'enseignants dans le premier degré. Face aux critiques qui lui sont faites, Bercy précise que le nombre d'emplois autorisés (à savoir 2 338 584 équivalents temps plein) n'est plus un objectif, mais bien un plafond à ne pas dépasser. De plus, le ministre de l'Economie et des Finances a affirmé avoir répondu aux engagements du gouvernement lancés dans certaines lois d'orientation et de programme (sécurité intérieure, justice, école). Il convient de préciser que tous les engagements de l'Etat ont été financés pour 2006.

Le point nouveau de ce budget est donc l'application de la LOLF qui fait de ce budget un budget totalement différent des budgets précédents. Le nouveau budget est donc découpé en missions (ville et logement, justice, culture, défense, solidarité et intégration, recherche et enseignement supérieur...et dette...). Le budget est donc découpé en politiques publiques lisibles. Ces politiques publiques sont divisées en programmes (132 au total) qui permettent d'aller plus loin dans la présentation des crédits. A chaque programme sera fixé un objectfi avec des indicateurs de performance mis à jour chaque année afin de mesurer les progrès réalisés dans chaque administration. Chaque programme sera conduit par une personne qui en sera responsable et devra en rendre compte devant les parlementaires, parlementaires qui auront enfin la possibilité d'orienter réellement le budget, et n'auront plus à se limiter aux 5-6% restant après les services votés.

Ce budget est donc un budget nouveau, mais san grand relief ni réelle ambition affichée. L'Etat semble tristement s'installer dans ses dettes et déficits. Une telle situation peut s'avérer risquée au cas où les investisseurs en venaient à exiger de la France, comme ils l'ont fait de l'Allemagne, un remboursement plus cher des emprunts effectués.

Julian