Selon un sondage Ifop, 69% des sympathisants de l’UMP trouve que Nicolas SAKOZY est «le meilleur candidat pour représenter l'UMP à la prochaine élection présidentielle». Cinquante points de plus que Dominique de Villepin, cité par 19% des sondés ; soixante de plus que Jacques Chirac (9%). «Voilà qui remet les pendules à l'heure», a commenté un collaborateur de Nicolas SARKOZY, après le battage médiatique autour du succès des 100 Jours de Dominique de VILLEPIN et autour de la rivalité attendue entre les deux hommes. Malgré les bons débuts de Dominique de VILLEPIN en tant que Premier-Ministre, Nicolas SARKOZY reste le préféré des Français de droite.

Ce sondage infirme les doutes émis par Jean-Louis DEBRE sur la stature présidentiel de Nicolas SARKOZY: pour l'electorat de droite, il ne suffit pas de diriger le conseil de ministre ou de se rendre à une conférence de l'ONU pour être le meilleur présidentiable!

Dans le duel tant annoncée par la presse entre le Premier Ministre et le Président de l’UMP, l’avantage reste toujours largement dans les mains de Nicolas SARKOZY qui incarne le dynamisme et la volonté de changement, la « rupture », alors que Dominique de VILLEPIN inspire plus la continuité, la succession de Jacques CHIRAC. L’électorat de droite attend un vrai électro-choc. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de remarquer, à travers d'autres sondages, que Dominique de VILLEPIN séduit pas mal l'électorat de gauche (plus que Nicolas SARKOZY), en affirmant vouloir sauver le modèle social français.

Tout premier ministre à ces débuts dispose d’un capital sympathie, une sorte d’Etat de grâce et Dominique de VILLEPIN n’échape pas à cette règle. On peut se souvenir que Jean-Pierre RAFFARIN avait une excellente popularité pendant à peu près une année (en gros jusqu’à la cannicule) et donc ne nous excitons pas trop vite sur les bons débuts du premier ministre. Il n’a d’ailleurs pas eu à régler de dossiers délicats.

La popularité de Dominique de VILLEPIN a certes fait un bond significatif depuis son arrivée à Matignon, mais il a beaucoup d’handicaps dans sa potentielle course à la présidentielle.

Potentielle ? Oui, puisqu’il ne cesse de clamer dans la presse qu’il ne pense pas à l’élection Présidentielle. Le poste de premier ministre est difficile sur la durée, l'usure du pouvoir a empêché tous les premiers ministres en exercice de se faire élire à la fonction suprême. Officiellement, il ne se sent pas pousser des ailes mais le doute est permis.

Qui le croit vraiment ? Peut-on penser qu’il se donne tant de mal pour laisser gentillement sa place en 2007 à Nicolas SARKOZY?

En tout cas, un changement d’avis, qui est bien plus qu’une simple possibilité, pourra être fatal à Dominique de VILLEPIN si l’on se souvient des effets négatifs des images d’Edouard BALLADUR, qui affirmait en 1993 sur le plateau de 7 sur 7 qu’il ne se présenterait pas en 1995.

Le débat sur la tenue des élections primaires révèle aussi l’ambivalence de Dominique de VILLEPIN. Nicolas SARKOZY a en effet promis d’organiser un Congrès en janvier 2007 dont le but est d’organiser une élection primaire qui déterminera le candidat estampillé UMP lors de l’élection présidentielle lors du printemps 2007. Sur ce point, le Président de l’UMP ne compte pas céder.

Mais cela ne va pas forcément de soi pour les gaullistes et les chiraquiens.

Michèle Alliot-Marie a ainsi expliqué, samedi, qu'il lui semblait «anormal de faire déterminer le candidat en 2007 par 160 000 adhérents alors qu'il y a 40 millions d'électeurs». Et d'ajouter que la procédure de primaire n'était «pas prévue» dans les statuts de l'UMP.

Dominique de VILLEPIN a également rejeté implicitement le système des primaire en affirmant que : « comme gaulliste, ma conviction c'est que l'élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et un peuple » ( conception assez abstraite à mon goût de l’élection présidentielle).

Or ce processus transparent est le seul à mon sens à mener au succès. D’une part, cela évitera l’émieteement à droite (sachant que BAYROU, VILLIER vont se présenter, sans compter l’extrême droite). La multitude des candidats à gauche a ejecté Lionel JOSPIN du second tour en 2002 et cette mésaventure devrait nous servir de leçon.

D’autre part, cela évite les guerres fratricides et les rancoeurs, telles que l’on a pu voir en 1995, qui laissent des traces pendant des années, et qui peut mener à l’implosion de notre mouvement. En 1995, BALLADUR et CHIRAC se sont fait une guerre sans merci, au lieu d’attaquer les vrais adversaires( JOSPIN et LE PEN), si bien que la fracture BALLADUR/CHIRAC a été visible pendant des années. Alors que durant une primaire, aucun candidat n’attaque « en dessus de la ceinture », les candidats à la candidature s’opposent, montrent leurs différences, mais de manière assez pacifique, sans créer de rancoeurs.



Ainsi au Etats-Unis en 2004 dans le camp Démocrate, dans une longue campagne une dizaine de candidats se sont opposés. Une fois John KERRY choisi par les militants, les Démocrates se sont rassemblés pour soutenir KERRY et les adversaires de KERRY pendant la primaires ont fait partie de la campagne démocrate contre George BUSH. Le système des primaires pacifie et normalise les tensions, les rapports de forces au sein d’un parti politique. En France, cela a très bien fonctionné au Parti Socialiste.

Il n’y a rien de choquant à ce qu’il y ait une concurrence entre les candidats qui expliquent ce qu’il compte faire, et ce faisant acquièrent la confiance des militants, c’est à dire ceux qui vont se battre pour eux, qui vont tracter, coller les affiches, etc. . Les militants attendent vraiment de recevoir plus de considérations et d’avoir plus de pouvoir. C’est la perspective des primaires qui facilite l’augmentation du nombre de militant à l’UMP. Les guerres de chefs, les nomminations opaques et les choix par le haut, ce sont des méthodes révolues !

Nicolas SARKOZY doit tenir sa promesse de changer le règlement intérieur et les statuts de l’UMP, pour organiser des élections primaires. Je pense que cela dissuadera les candidatures dissidentes. Qui osera s’affranchir du choix des militants et de la légitimité qui en découle ? Qui voudra passer pour le fossoyeur de l’unité à droite ? Et surtout, qui osera concourrir sans l’appui de la machine électorale qu’est l’UMP ? Souvenons nous encores des leçons de 1995 et de l’avantage décisif apporté à Jacques CHIRAC sur Edouard BALLADUR par le RPR (qui était à l’époque largement contrôlé par Jacques CHIRAC et ses sergents).

Les primaires, OUI! Mais par pitié, pas de candidatures multiples, ce serait une grave nouvelle. Laissons les divisions à la gauche!

Guillaume