L’extrême gauche, c’est bien pareil que l’extrême droite
Par Association UMP Sciences Po, lundi 29 août 2005 à 22:02 :: Réflexions, opinions, débats :: #16 :: rss
La reproduction d'un article du numéro 3 de notre journal, qui avait suscité pas mal de réactions, majoritairement positives. Un édito acerbe contre la bien-pensance répandue qui minimise la réalité de l'extrême-gauche en diabolisant l'extrême-droite. Un billet qui démontre comment on peut comparer l'extrême gauche avec l'extrême droite.
Je croyais cette époque révolue. A l’heure où l’extrême gauche au pouvoir n’est plus qu’un triste souvenir en Europe et après de nombreux témoignages d’historiens pour certifier de la cruauté de tous ces régimes, je ne comprends pas l’indulgence vis-à-vis de l’extrême gauche qui contraste avec l’intransigeance avec l’extrême droite. L’article «Extrémités ?» paru à cet égard dans le premier numéro du « GUEULOIR » (Journal d'une asociation de gauche à sciences po Bordeaux), me fait frémir.
Pourquoi ne pourrait-on pas comparer l’extrême gauche à l’extrême droite ?
Après tout, chacune a été à l’origine des pires cauchemars politiques au cours du XX ème siècle. « L’horreur absolue en politique, la négation de l’individu, de ses droits fondamentaux » (Extrémités) ne sont pas l’apanage de l’extrême droite.
Entendons bien : je n’excuse pas l’extrême droite, celle-ci est d’ailleurs justement combattue par la droite, mais je me demande encore pourquoi certains souffrent autant d’amnésie ou de myopie vis-à-vis de l’extrême gauche. On rétorque souvent que l’idéologie d’extrême gauche est bienveillante car apparemment altruiste et tournée vers un bien supérieur. C’est le propre de l’utopie.
Et pourtant… Les régimes extrémistes au pouvoir (de gauche et de droite) se ressemblent : dictature ultra autoritaire, voire totalitaire, avec des moyens souvent similaires (culte du chef, parti unique, répression des opposants, épurations sanglantes… et j’en passe). Les deux extrêmes se rejoignent même dans leur haine du capitalisme et du libéralisme en général. La liste des humanistes d’extrême gauche dépasse largement le simple nom de Staline : Lénine, Mao, Castro, Pol Pot… la liste est loin d’être exhaustive.
Il faut se rendre à l’évidence : sans exception aucune, l’utopie communiste avec ses soi-disant bons sentiments a toujours mené au drame (répression politique, génocides, pénuries économiques, désastres humanitaires et environnementaux, …) similaire en tous points à ceux de l’extrême droite.
On juge un personnage politique, un parti ou un régime non pas sur ses intentions affichées mais sur ses actes. On m’objectera la traditionnelle ritournelle : ces crimes sont tous des déviations, des trahisons du communisme réel. Or c’est dans une étude sur les origines les plus authentiques de la pensée socialiste, chez ses plus anciens doctrinaires, que l’on peut trouver les justifications des génocides et totalitarismes, brandis comme des armes indispensables au succès de la Révolution et à la préservation de ses résultats. « Crois tes yeux pas tes oreilles » disait Soljenitsyne.
C’est pourquoi j’invite ceux qui croient encore en l’humanisme d’extrême gauche à lire « La Littérature oubliée du socialisme » de Georges Watson, dans lequel on (re)découvrira le caractère raciste et antisémite d’Engels et de Marx (lire le pamphlet antisémite de Marx, « La Question juive »). L’analyse minutieuse et non expurgée des textes fondateurs dans leur ensemble montre selon Watson que « le génocide est une théorie propre au socialisme ».
Les régimes extrémistes suppriment et font taire tout ce qui ne correspond pas à leur norme : opposants politiques, certains groupes sociaux, ethniques et religieux. Les extrémistes par leur manque de modération méconnaissent la tolérance, principe fondamental dans une démocratie et un état de droit. L’extrémisme en politique, c’est « la tendance à recourir à des moyens extrêmes, violents dans la lutte politique » (Larousse).
Finalement on découvre dans quelle mesure certains « utilisent souvent les mots sans tenir compte de leur définition » (cf un autre « article » du GUEULOIR). La violence est en effet intrinsèque à l’extrême gauche, qui préfère la révolution à la réforme. Le caractère violent de certaines manifestations organisées par des groupuscules alter-mondialistes lors de réunions internationales le reflète.
Ouvrez les yeux : l’extrémisme politique est le mal absolu pour les démocraties et il serait indécent de vouloir faire un classement des plus mauvais régimes. Les extrémismes de droite ou de gauche, parce qu’ils rejettent toute modération pour parvenir à un compromis, tout dialogue qui débouche sur la décision politique dans le cadre légal des institutions, sont l’ennemi des démocrates de droite ou de gauche.
Aujourd’hui la menace d’extrême gauche provient peut être moins d’un PCF exsangue que de certains mouvements d’extrême gauche néo-marxistes et alter-mondialistes, dont la nouvelle égérie - Olivier Besançenot – est tout aussi séduisante par sa jeunesse et son populisme que peut l’être Marine Le Pen.
Je déplore que la gauche se compromette autant avec son aile gauche… On peut toujours me qualifier d’anti-communisme primaire, je me définis avant tout comme un démocrate.
Guillaume