La gauche sans le peuple, d’Eric CONAN
Par Association UMP Sciences Po, jeudi 25 août 2005 à 23:35 :: Lecture :: #12 :: rss
Le gauche prétend défendre les intérets du peuple mais celui-ci la boude. Tel est l’enseignement du 21 avril 2002. Le parti socialiste est devenu beaucoup plus élitiste qu’elle ose le prétendre.
Voilà un livre que je recommande à tous pour regarder les choses de manière différente. Eric CONAN, journaliste à l’Express, ne prend pas de gant. La gauche a oublié le peuple, et celui-ci lui rend bien, le peuple délaisse la gauche. Sa thèse est paradoxale mais il l’a défend avec brio. C’est un véritable livre à charge contre le Parti Socialiste.
Il part d’un constat simple. Lors de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République en 1981, les ouvriers et employés étaient majoritairement dans l’électorat socialiste. Aujoud’hui, les Français au revenus modestse, les bas-salaires, ne votent plus à gauche. Pouquoi un tel divorce ?
Eric CONAN décrit les causes et les manifesttaions de la séparation entre le peuple.
Le peuple a déçu, et la gauche s'est lassée de lui.. Pour CONAN, il faut remonter en 1968 lorsque, les ouvriers ont interdit Billancourt aux étudiants. La génération qui a "fait 68" s’est ensuite retournée contre ce peuple, tout en voulant rester à gauche. La "génération Mitterand" fut en réalité la même que la génération 68 et celle-ci a pris sa revanche. Il s’ensuit alors une véritable série de renoncements en se préoccupant plus du délinquant que de la victime (la première victime, c’est le délinquant, malheureux produit d’un déterminisme social qui fait de la société la réelle coupable), en privilégiant le droit à la différence sur l’intégration (SOS racisme dans les années 80), en étant incapable de répondre aux problèmes de logements et de ghettos urbains et mettre fin à la ségrégation sociale, etc. Eric CONAN multiplie les exemples d’abandons du peuple par la gauche, cet abandon ne manquant pas de provoquer l’essor et la progression du Front National.
La gauche ne se soucie plus guère des pauvres. Le Parti socialiste est devenu un parti élitiste. Souvenez-vous. En 2002, Pierre MAUROY avait exorté Lionel JOSPIN en début de campagne en 2002 à parler plus des ouvriers et des travailleurs…Peine perdue. Ce qui devait arriver arriva : en avril 2002, 14% des chômeurs et 11% des ouvriers seulement votent pour le candidat du parti socialiste contre respectivement 38 et 30% pour Jean-Marie Le Pen. D’ailleurs, est-ce une coincidence si des villes bourgeoises, traditionnellement à droite, comme Paris, Lyon ou Dijon sont passées à gauche ?
Cet essai est particulièrement passionnant. Il mériterait d’être lu pour tous ceux qui croient encore que le Parti Socialiste est encore un parti populaire. L’électorat populaire est dorénavant plutôt à droite face à une gauche qui se « bo-boïse ».
Guillaume