C’est toujours en rentrant de vacances qu’on apprend des nouvelles étranges…c’est du moins ce que l’on entend tous les ans ici ou là à l’approche de la rentrée. Mais cette fois-ci, le dossier est tellement brûlant qu’il est loin d’être passé inaperçu.

En effet, le gouvernement a décidé de privatiser les différentes sociétés concessionnaires des autoroutes françaises. Parmi elles on trouve des sociétés que tout le monde connaît. Il suffit de vous rappeler le nom marquer en haut du ticket de péage et vous verrez tout de suite de quoi il s’agit.

PRR, SANEF et ASF. Quels noms barbares me direz-vous !

Paris-Rhin-Rhône, Société des Autoroutes du Nord et de l’Est de la France et Autoroutes du Sud de la France. Voilà des noms qui sentent bon les vacances. Ces trois entreprises sont cet été au cœur d’une immense polémique qui, n’en doutons pas, va être un des évènements majeurs de la rentrée 2005.

Le problème est assez simple. L’Etat connaît aujourd’hui de profondes difficultés financières (environ 1 000 milliards d’euros de dettes, un déficit toujours conséquent, une Sécurité Sociale en grosse difficulté, un régime de retraite à l’avenir quelque peu incertain).

Alors, pour se donner une petite marge de manœuvre, le gouvernement a choisi de privatiser ces sociétés qui sont aujourd’hui devenues retables. Ces sociétés sont concessionnaires des autoroutes. Il s’agit donc pour une entreprise concessionnaire de l’Etat de signer un contrat avec ce dernier, pour une durée déterminée. L’entreprise, avec l’aide de l’Etat s’engage à construire une infrastructure (en l’occurrence des autoroutes) et à les exploiter selon certaines conditions.

L’avantage pour ces entreprises est quelles sont les seules exploitantes des portions d’autoroutes qu’elles sont édifiées. La construction d’une autoroute est à n’en pas douter un investissement tout à fait colossal qui ne s’envisage que sur du long terme. Ainsi, ces entreprises ont eu la possibilité d’amortir leur investissement initial par une exploitation exclusive des autoroutes.

Aujourd’hui, la donne n’est plus tout à fait identique. En effet, ces autoroutes sont en passe d’avoir récupéré leur mise de départ, elles vont donc se contenter de procéder à de la gestion (entretien, rénovation,…) ce qui sera moins coûteux que la construction d’une portion mais qui continuera à rapporter beaucoup d’argent car quoiqu’il advienne, les automobilistes que nous sommes continueront de payer au péage.

Ces entreprises vont donc devenir rentables, très rentables. Elles vont dégager d’énormes profits dans les années à venir. Mais elles ont aussi aujourd’hui une valeur commerciale intéressante. En effet, acheter une de ces entreprises vous offre la perspective de revenus futurs considérables. La vente de ces trois entreprises devrait rapporter, selon le gouvernement, environ 10 milliards d’euros, disponibles rapidement.

Le maintien en concession de ces entreprises, aux dires de certains parlementaires de différents bords, devrait rapport quatre fois plus d’ici à 2020. Alors, que faire ? Vendre tout de suite et empocher la plus value ou attendre un peu et prélever dans les caisses de ces entreprises en cas de besoin ?

Au-delà d’un choix politique – certains diront politicien – c’est un choix fondamental qu’il faut opérer pour notre société. Faisons-nous un gros effort financier immédiat pour circonscrire la déroute des finances publiques, ou mise-t-on sur l’avenir avec le risque de comptes publics encore plus déficitaires qu’ils ne le sont déjà ? Le débat est ouvert. Il s’annonce très animé.

Julian.